Chios


En dépit de cette double menace qui plane sans cesse sur les habitants de l'île, tous les Grecs 'de bon ton' aimaient se dire originaires de Chios. Sa prospérité fut constante ou du moins toujours rétablie assez rapidement après une crise ou calamité, peut-être en raison de cet or blanc-gris dont les arbres recèlent et qui a fait sa fortune - le mastic, gomme parfumée tirée du lentisque et qui faisait fureur dans tous les salons et harems de l'Empire Ottoman -, mais plus sûrement en raison de l'esprit industrieux de ses habitants.

Comme le dit si justement Fustel de Coulange dans son Mémoire sur l'île de Chios, cité par W. Sperco (ibid):

"…Qui veut connaître les [habitants de Chios] les trouve partout. Où il y a des négociants, on est sûr de les rencontrer et parmi les plus riches. Chio n'est pas à Chio, elle est partout où est le grand commerce; elle est à Marseille, à Trieste, à Londres, à Odessa, à Syra, à Alexandrie….un frère prend pour lui Odessa, un autre Alexandrie, un troisième Marseille…toutes les affaires se font avec la famille jamais avec l'étranger".

La proximité géographique, le dynamisme commercial, axé sur le commerce maritime, les liens privilégiés avec Marseille et les autres grandes cités marchandes d'Europe ou de Méditerranée, la double menace de l'invasion ottomane et des tremblements de terrre, la forte influence des communautés latines, c'est à dire catholique…tout concourt à rapprocher Smyrne et Chios et explique leur traitement conjoint dans ce chapitre.

L'histoire de Chios et de ses communautés est trop riche pour la résumer ici en quelques lignes. Nous espérons avoir donné à nos visiteurs l'envie d'en savoir plus, en lisant ou relisant Argenti, Hugo, Sperco, Fustel de Coulanges, l'Abbé di Burgo, Pitton de Tournefort ….et bien d'autres.

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