Smyrne / Smyrna

Fiore del Levante pour les Italiens
Couronne de l'Ionie ou Paris de l'Asie pour les Levantins
Smyrne l'Infidèle pour les Ottomans

Son seul nom est une invitation au voyage, voyage dans le Levant et dans l'Histoire.

Dans l'Antiquité Histoire et Légende sont inextricablement imbriquées. Selon la mythologie grecque, Smyrne aurait été fondée soit par une Amazone soit, en 1450 avant J.C. par Tantale, roi de Phrygie ou de Lydie…Le grand Homère, père de l'Iliade et de l'Odysée serait né au bord du divin Mélès qui coule dans les environs de Smyrne. Alexandre le Grand l'aurait trouvée détruite par les Lydiens et les Ioniens; une déesse (Némesis?) lui serait apparue dans son sommeil pour lui demander de la rebâtir ce qu'il aurait fait après avoir consulté un oracle.

Smyrne est une des "sept églises" ou communautés chrétiennes primitives de la Bible (Apocalypse). Un des plus grands martyrs chrétiens, Saint Polycarpe, fut son évèque avant d'être persécuté sur ordre du Gouverneur romain de Smyrne (Antoninus Pius) dans l'amphithéatre du Mont Pagus, à l'âge avancé de 86 ans…

Plus tard, Normands, Vénitiens, ou Génois y obtiendront des concessions commerciales de la part des Empereurs byzantins. La ville sera détruite de nombreuses fois -par les Turcs Seldjoucides en 1084, par les Perses en 1130, par Tamerlan en 1402, par plusieurs tremblements de terre…- mais sera toujours reconstruite. La ville est sous contrôle ottoman depuis 1424 (mais les premiers Turcs seraient arrivés à Smyrne vers 1071 après la bataille de Mantzikert ou Malazgirt).

La Smyrne qui retient notre attention n'est toutefois pas celle de l'Antiquité ou du Moyen-Age mais celle des 18-19ème siècles, âge d'or du Levant et du levantinisme.

A cette époque, tous les écrivains européens qui entreprenaient leur "Voyage au Levant" se devaient de passer par Smyrne. Ainsi Lamartine qui la comparait à Marseille et voulut acheter des terres dans les environs pour s'y établir définitivement et produire du vin…sans parvenir à concrétiser son rêve.

Il aurait pu partager le mode de vie des familles aisées de Smyrne qui ne passaient que l'hiver dans la cité portuaire avant d'installer leurs quartiers d'été dans leur 'koula' (propriété) dans la campagne environnante, principalement les villages de Cumaovasi, Hacilar, Bornova (ou Bournabat également surnommé le 'Village Français') et de Buca (ou Boudja), situé entre le Mont Pagus et les anciens acqueducs romains de la vallée de Sainte Anne et qui fut surtout prisé par les Anglais, Américains, Hollandais et Grecs (Lord Byron y écrivit des poèmes).

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