Les Echelles du Levant

Là encore il nous faut exercer une certaine sélectivité. Nous ne pouvons pas traiter de toutes les communautés étrangères ou minoritaires du Moyen Orient. D'une part ce serait une œuvre encyclopédique qui dépasse largement nos moyens et ambitions; d'autre part, comme nous l'avons dit, si le Levant est au Proche-Orient, il ne recouvre pas tout le Proche-Orient.

Quand on pense 'Levant' on pense davantage au littoral qu'à l'intérieur, davantage à Alexandrie ou Beyrouth qu'à Damas ou au Caire.

Alexandrie
Courtesy of the Middle East Department,
University of Chicago Library.

Nous consacrons donc ce site aux familles étrangères et minoritaires des "Echelles du Levant". Les Echelles ce sont ces comptoirs commerciaux établis et développés dès le 16ème siècle (mais qui ont connu leur âge d'or aux 18-19ème siècles) par des négociants européens avec le concours de marchands Grecs, Juifs, ou Arméniens établis dans la région depuis fort longtemps.

C'est dans ces Echelles que la diversité communautaire, culturelle et religieuse (le caractère cosmopolite) était la plus prononcée, et que naitra en quelque sorte la société levantine qui nous intéresse. C'est dans ces Echelles que mes ancètres, Arméniens de Perse et Génois, ont vécu et prospéré avant de prendre le chemin de l'exil. Malgrè cet exil forcé de ma famille de l'Orient où elle vivait depuis toujours, on ne trouvera chez moi et sur mon site aucune animosité envers les Turcs d'aujourd'hui et encore moins les Ottomans d'hier.

J'ai simplement envie de vous faire voyager dans ces villes à l'époque où elles pouvaient encore revendiquer une forte identité levantine. L'Izmir d'aujourd'hui est une ville fort sympathique mais qu'a t'elle encore en commun avec la Smyrne d'avant "les événements"? Et Alexandrie, qui fut la capitale par excellence du monde levantin? N'y a t'il pas là aussi un 'avant' et un 'après'? En fait peut-on encore parler de Levant ou d'Echelles du Levant après le départ des familles 'minoritaires'?

Ce site s'efforce précisémment de faire voyager dans 'l'avant', c'est à dire à l'époque où ces grandes cités levantines étaient à leur apogée en terme de multi-culturalisme mais aussi (et il est difficile de ne pas y voir une relation) de prospérité économique.

'Mon' Levant, notre Levant si vous me suivez sur cette voie, est en effet davantage un état d'esprit qu'une aire géographique balisée par des frontières politiques, officielles. C'est la nostalgie d'une époque, de comptoirs dynamiques où toutes les nationalités, les races et les religions se cotoyaient, de villes turques et arabes où le français, l'italien et le grec étaient aussi si ce n'est plus parlés que le turc ou l'arabe, et où les 5 langues étaient parfois mises à contribution dans une même conversation voire une même phrase.

En conclusion, ce site se veut avant tout conçu comme un hommage aux Levantins et à une 'société levantine' largement disparue…mais qu'ensemble nous pouvons faire revivre.

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